En bref
Vous venez d’apprendre que vous avez une IST et vous repoussez le moment d’en parler à la personne avec qui vous avez eu un rapport. Vous ne savez peut-être pas quoi dire, ni comment éviter que la conversation tourne au reproche.
Le plus utile est de transmettre une information claire, sans chercher à désigner une responsabilité. Préparez quelques phrases, choisissez un moyen de contact qui vous protège et invitez votre partenaire à demander un avis médical.
Dire l’essentiel sans transformer l’annonce en accusation
Commencez par le fait concret : « Je viens de recevoir un diagnostic d’IST. Je te préviens parce que nous avons eu un rapport et que tu pourrais avoir besoin de demander un avis médical. »
Vous pouvez ajouter le nom de l’infection si vous le connaissez, la date à laquelle vous avez reçu le résultat et les consignes qui vous ont été données par le professionnel de santé. Si vous ne comprenez pas ces consignes, demandez-les avant d’écrire ou appelez le cabinet, le laboratoire ou le centre qui vous a accompagné.
Évitez les hypothèses sur l’origine de l’infection et les phrases qui cherchent immédiatement un responsable. Ne présentez pas non plus votre partenaire comme déjà infecté : transmettez le diagnostic et laissez le professionnel de santé répondre aux questions médicales.
Un message peut convenir si parler de vive voix vous bloque. Un appel ou une conversation en personne peut permettre de répondre aux questions, mais ne vous oblige pas à rester dans un échange qui devient agressif ou culpabilisant.

Choisir un moment et un contact qui vous laissent du contrôle
Choisissez un moment où votre partenaire peut lire ou écouter sans être entouré d’autres personnes. Un message écrit permet de relire vos mots et de garder une trace de l’information transmise. Un appel permet de répondre immédiatement, mais peut être plus difficile si vous craignez une réaction vive.
Par prudence, si vous redoutez une menace, une pression ou une violence, ne donnez pas rendez-vous seul·e pour cette annonce. Préférez un échange à distance ou demandez l’aide d’une personne de confiance ou d’un professionnel.
Vous pouvez préparer une réponse courte aux questions prévisibles : le nom de l’IST, la date du diagnostic, le service qui vous a conseillé et la façon de prendre rendez-vous. Si vous n’avez pas la réponse, dites-le plutôt que d’improviser.
Après le message, orienter vers un dépistage
Demandez à votre partenaire de solliciter un professionnel de santé ou un lieu de dépistage pour savoir quelle démarche correspond à sa situation. Ne donnez pas vous-même une durée d’attente, un traitement ou une interprétation de résultat si ces éléments ne vous ont pas été expliqués.
L’Assurance Maladie indique que, depuis le 1er septembre 2024, un dépistage de plusieurs IST, en dehors du VIH, peut être demandé directement dans un laboratoire de biologie médicale, sans ordonnance ni rendez-vous. Elle précise aussi que les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic, les Cegidd, sont les structures vers lesquelles se tourner pour un dépistage gratuit et anonyme.
Si votre partenaire vous demande quoi faire, vous pouvez transmettre le lien vers ces informations ou le nom d’un Cegidd, puis l’encourager à vérifier sa situation avec un professionnel. Par précaution, ne partagez pas de résultat médical qui ne vous appartient pas et ne modifiez pas un traitement sur la base d’un échange de messages.
Quand la personne ne répond pas ou réagit mal
Un message peut rester sans réponse. Vous pouvez envoyer une relance factuelle, puis arrêter les échanges si la conversation devient insultante, menaçante ou intrusive. Gardez les messages si vous avez besoin de montrer ce qui a été transmis à un professionnel ou à une personne de confiance.
Si vous avez plusieurs partenaires concernés, préparez une version distincte et neutre pour chacun. Ne communiquez pas l’identité d’une autre personne et ne diffusez pas de capture d’écran d’un résultat ou d’une conversation.
Si vous ne pouvez pas prévenir directement un partenaire ou si cette démarche vous met en danger, expliquez la situation au professionnel qui vous suit. Il pourra vous aider à organiser la suite sans vous exposer à une confrontation.

Un message prêt à adapter
« Je viens de recevoir un diagnostic de [nom de l’IST]. Comme nous avons eu un rapport, je préfère te prévenir. Je te conseille de demander un avis médical ou un dépistage. Je peux te transmettre les informations du lieu qui m’a accompagné, mais je ne peux pas répondre aux questions médicales à la place d’un professionnel. »
Les gestes utiles consistent à transmettre l’information, éviter les accusations, protéger votre sécurité pendant l’échange et orienter la personne vers un professionnel. Le choix entre message, appel et conversation dépend de votre relation, de ce que vous pouvez dire clairement et du niveau de sécurité que vous ressentez.
