En bref
Vous êtes devant quelqu’un dont le nez coule soudainement, avec du sang sur les doigts, le lavabo ou les vêtements. La première difficulté n’est pas de trouver un produit : c’est de garder la bonne position et de maintenir la compression assez longtemps.
Les premiers gestes quand le nez saigne
Faites asseoir la personne. Inclinez légèrement sa tête vers l’avant, afin que le sang puisse s’écouler par le nez plutôt que vers l’arrière de la gorge. Demandez-lui de respirer par la bouche et de rester aussi calme et immobile que possible.
Avec le pouce et l’index, pincez la partie souple du nez, juste sous l’arête osseuse. La pression doit être ferme et continue. Évitez de relâcher toutes les quelques secondes pour vérifier : chaque interruption rend le geste moins lisible et peut faire repartir l’écoulement.

Vous pouvez placer une compresse ou un linge propre sous le nez pour recueillir le sang. Cet élément sert à protéger les mains et les vêtements ; il ne remplace pas la pression exercée sur le nez. Par précaution, ne repoussez pas profondément de coton ou de compresse dans la narine et ne retirez pas brutalement un matériau qui aurait adhéré.

Pour un saignement modéré, l’Assurance Maladie recommande d’appliquer une compresse ou un linge propre et d’exercer une forte pression. Cette consigne concerne une plaie qui saigne ; elle donne un repère pratique pour le maintien de la compression, sans permettre de conclure à elle seule sur la cause d’un saignement de nez.
Ne faites pas allonger la personne à plat si elle est consciente et peut rester assise. Par prudence, gardez un récipient ou une serviette à portée de main, mais ne demandez pas à la personne de se moucher, de renifler fortement ou de manipuler l’intérieur de son nez pendant l’épisode.
Après l’arrêt apparent, laissez la personne reprendre son souffle avant de desserrer progressivement les doigts. Si le sang recommence, reprenez une compression continue. Un écoulement qui revient après chaque relâchement ne permet pas de savoir, à lui seul, si le saignement est terminé.
Ce que la position change pendant un saignement de nez
La position vers l’avant permet de voir ce qui s’écoule et d’éviter de faire couler volontairement le sang vers la gorge. Elle évite aussi de confondre une petite quantité avalée avec une aggravation visible. Si la personne devient faible, confuse, très pâle ou difficile à réveiller, ne restez pas seul à gérer la situation : appelez les secours.
La Sécurité civile indique que le premier réflexe, dans une situation nécessitant les premiers secours, est d’appeler le 15 pour le SAMU, le 18 pour les pompiers ou le 112 comme numéro d’urgence européen. Le 114 est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Par prudence, sollicitez également un avis médical si le saignement se répète, s’il survient après un choc, si la personne prend un traitement qui vous inquiète, ou si vous ne parvenez pas à déterminer si l’écoulement vient bien du nez. Ces situations demandent une appréciation du contexte : la compression seule ne renseigne ni sur la cause ni sur le risque associé.
Quand demander un avis plutôt que recommencer le geste
Un saignement de nez isolé peut se présenter comme un problème de gestes immédiats : installer, incliner, comprimer et surveiller. Mais une répétition, un traumatisme ou un état général inhabituel change la question. Il ne s’agit plus seulement de recueillir le sang ; il faut alors transmettre au professionnel de santé ce que vous avez observé.
- Notez si le saignement est apparu spontanément ou après un choc.
- Indiquez s’il s’écoule par une seule narine ou par les deux.
- Décrivez la position adoptée, la durée approximative de la compression et l’évolution de l’écoulement.
- Préparez la liste des traitements pris par la personne, si vous la connaissez.
Ne conduisez pas vous-même une personne qui présente un malaise ou une altération de la vigilance. Par prudence, appelez les secours et suivez les consignes données au téléphone.
La compresse propre : ce qu’elle apporte vraiment
Une compresse propre peut être utile autour du geste : elle recueille le sang qui coule, limite les salissures et protège la main qui maintient la compression. Elle remplace donc le linge improvisé lorsqu’une trousse de premiers secours est disponible. Elle ne remplace pas le pincement de la partie souple du nez et ne transforme pas un saignement persistant en problème réglé.
La Caisse nationale de l’Assurance Maladie cite la compresse ou le linge propre comme support de compression pour une plaie qui saigne modérément. Cette indication ne documente pas l’introduction d’une compresse dans une narine. Pour un saignement de nez, restez donc sur une utilisation externe, sauf consigne donnée par un professionnel de santé.
Le coût reste faible et l’objet peut déjà se trouver dans une trousse de premiers secours. La Sécurité civile recommande de conserver une telle trousse facilement accessible dans le kit d’urgence, avec notamment des compresses et des pansements. La dépense sert ici à éviter la recherche d’un linge au moment où le sang coule ; elle ne remplace ni l’apprentissage du geste ni l’appel aux secours quand la situation l’exige.
Un saignement de nez : le geste, puis le bon relais
Commencez par asseoir la personne et l’incliner vers l’avant. Comprimez la partie souple du nez sans interrompre le geste pour vérifier. Utilisez une compresse propre à l’extérieur si elle est disponible, sans la pousser profondément dans la narine. Observez ensuite l’état général, le contexte d’apparition et la façon dont l’écoulement évolue.
Un épisode qui s’arrête après la compression ne permet pas d’expliquer sa cause. À l’inverse, une répétition, un choc, un malaise ou un doute sur la gravité justifie un avis médical. Si la situation nécessite des premiers secours, appelez le 15, le 18, le 112 ou le 114 selon la situation.
Un saignement de nez appelle d’abord une position vers l’avant et une compression continue ; la compresse recueille le sang, mais c’est le contexte et l’état de la personne qui indiquent quand passer au conseil médical ou aux secours.
