En bref
Votre téléphone vient de tomber dans l’évier, la baignoire ou une flaque. Vous l’avez peut-être déjà ramassé, mais l’écran reste noir, ou vous hésitez à appuyer sur le bouton pour vérifier s’il fonctionne encore.
Le premier objectif n’est pas de le faire redémarrer. Il est de limiter les manipulations, de le laisser hors tension et de ne pas ajouter de chaleur ou de charge à la situation.
Le téléphone vient de prendre l’eau : commencez par couper les manipulations
Sortez l’appareil de l’eau dès que possible. S’il est encore allumé, éteignez-le avec la commande habituelle. S’il ne répond pas, n’insistez pas sur l’écran et ne multipliez pas les tentatives de redémarrage.
- Débranchez le câble, les écouteurs ou tout autre accessoire relié au téléphone.
- Retirez la coque, si vous pouvez le faire sans forcer.
- Enlevez la carte SIM et la carte mémoire lorsqu’elles sont accessibles sans démontage.
- Essuyez l’extérieur avec un chiffon absorbant, en tamponnant plutôt qu’en frottant.
- Placez le téléphone éteint dans un endroit sec et ventilé.

Ne le rechargez pas pour vérifier son état. Ne le rallumez pas non plus par réflexe. Chaque test ajoute une manipulation alors que vous cherchez d’abord à laisser l’appareil au repos.

Par précaution, gardez séparément la coque, la carte SIM et les accessoires. Vous pourrez les sécher et les examiner sans devoir reprendre le téléphone en main.
Si l’appareil devient très chaud, éloignez-le de toute source de chaleur et cessez de le manipuler. L’ADEME conseille de ne pas exposer un téléphone au soleil ou à une source chaude et de le laisser refroidir lorsqu’il chauffe beaucoup.
Le riz ne remplace ni l’arrêt ni le séchage à l’air
Non : ne mettez pas le téléphone dans un récipient rempli de riz. Le riz ne fait pas partie des gestes à effectuer ici et ne remplace ni l’extinction, ni le retrait des accessoires, ni le séchage de l’extérieur.
Évitez aussi le sèche-cheveux, le radiateur, le four, le soleil derrière une fenêtre et toute autre source de chaleur. Par prudence, ne soufflez pas fortement dans les ouvertures : vous risqueriez de déplacer l’humidité au lieu de vous contenter de sécher ce qui est accessible.
N’introduisez pas de coton-tige, d’essuie-tout roulé, d’aiguille ou d’objet métallique dans les prises. Ne démontez pas le téléphone si vous ne maîtrisez pas cette intervention. Le geste à privilégier reste simple : retirer ce qui se détache sans contrainte, sécher l’extérieur, puis ne plus solliciter l’appareil.
Le téléphone peut sembler sec en surface alors que vous ne savez pas ce qui se passe dans les parties auxquelles vous n’avez pas accès. Ne confondez donc pas écran éteint et panne définitive, ni écran rallumé et absence de problème. Dans les deux cas, évitez de multiplier les essais.
Avant de penser au téléphone, protégez ce qu’il contient
Si le téléphone redémarre plus tard, profitez de cette occasion pour sauvegarder les photos, les messages et les documents importants sur un support distinct. L’ANSSI recommande des sauvegardes régulières des données personnelles et professionnelles sur des supports séparés, notamment pour se prémunir contre la panne, la perte ou la destruction du matériel.
Cette sauvegarde ne répare pas l’appareil. Elle protège ce que vous pourriez perdre si le téléphone reste instable ou cesse de fonctionner. Si l’écran est inutilisable mais que les données sont importantes, évitez d’enchaîner les essais au hasard et demandez d’abord quelles possibilités de récupération existent.
Les applications mobiles peuvent accéder à la mémoire, aux photos ou aux vidéos selon les autorisations accordées, rappelle la CNIL. Cela rend la sauvegarde utile avant une remise à zéro, un changement de téléphone ou une intervention qui modifierait l’appareil.
Quand confier le téléphone à un réparateur
Un nettoyage et un diagnostic professionnel deviennent une option à envisager lorsque l’eau a pénétré profondément, lorsque le liquide n’était pas de l’eau claire, ou lorsque le téléphone reste instable après avoir été éteint et laissé au repos. Les signes à noter sont concrets : redémarrages, écran qui clignote, tactile irrégulier, son déformé, caméra embuée, charge qui ne démarre pas ou appareil qui chauffe sans raison visible.
Ce recours remplace les essais répétés et les démontages improvisés. Il demande en revanche de transporter le téléphone, de décrire précisément ce qui s’est passé et de demander le coût du diagnostic avant d’accepter une réparation. Pour un ancien appareil, comparez ce coût avec la valeur que vous accordez au téléphone et aux données qu’il contient.
Demandez au professionnel ce qu’il peut examiner, ce qui peut être récupéré et ce qui restera incertain. Faites préciser les conditions de paiement avant l’intervention. Si le téléphone contient des photos ou des documents irremplaçables, indiquez-le dès le début : votre priorité peut être la récupération des données plutôt que la remise en service complète de l’appareil.
Après une ouverture ou une intervention, ne présumez pas que le téléphone conserve les mêmes propriétés qu’avant. Demandez quelles précautions prendre ensuite et si une garantie sur l’intervention est proposée. La décision vous appartient : vous échangez ici le temps et le risque de manipulations personnelles contre une prestation payante et un diagnostic réalisé par un professionnel.
Pas de riz, pas de test précipité
Le réflexe à garder est court : sortez le téléphone de l’eau, éteignez-le, débranchez-le, retirez ce qui vient sans forcer, séchez seulement l’extérieur et laissez-le au repos dans un endroit sec et ventilé.
Ne remplacez pas cette séquence par du riz, un appareil chauffant ou une série de redémarrages. Si l’appareil reste instable, si le liquide était particulier ou si les données comptent davantage que le téléphone lui-même, demandez un diagnostic avant de tenter une réparation maison.
